Quand on vous dit Seychelles, vous pensez probablement à sable fin, lagons translucides, cocotiers inclinés avec l’élégance d’un mannequin de yoga, et cocktails tropicaux avec parapluie en papier. Et vous avez raison… mais pas totalement. Car il existe un autre visage de l’archipel, un peu plus transpirant, un peu plus feuillu, et mille fois plus palpitant : celui des sentiers de randonnée. Oui, oui, vous avez bien lu. Les Seychelles, ce n’est pas juste une destination farniente où l’on bronze en sirotant des jus de goyave. C’est aussi une île (ou plutôt un chapelet d’îles) où l’on grimpe, où l’on marche, où l’on s’essouffle dans la moiteur tropicale… pour mieux s’extasier au sommet. C’est un pays où chaque sentier vous mène à une récompense : une baie cachée, un panorama à couper le souffle, ou un perroquet noir qui vous juge du coin de l’œil.
Et cette année encore, les Seychelles sortent leurs chaussures de trail pour vous inviter à la deuxième édition du Seychelles Nature Trail, une course grandeur nature à travers les joyaux verdoyants de Mahé. Un événement qui rappelle, si besoin était, que les Seychelles ne sont pas juste belles à regarder, elles sont surtout fabuleuses à explorer — à pied, en sueur, et le sourire au visage. Alors, on laisse tomber la serviette de plage cinq minutes ? On attrape une bouteille d’eau, une paire de baskets, et on vous emmène sur les plus beaux sentiers de l’archipel. Promis, vous ne verrez plus jamais les Seychelles du même œil.
Anse Major : la rando qui vous mène tout droit dans une carte postale
Si un jour un génie vous propose d’entrer dans une carte postale, dites-lui “Anse Major”. Ce sentier, situé sur la côte nord-ouest de Mahé, est une douce initiation aux merveilles cachées de l’île. Facile d’accès, long de 2,9 kilomètres, il vous fait slalomer entre des rochers de granit gris, des forêts denses, et des fougères géantes, tout en suivant la ligne de crête au-dessus d’un océan couleur lagon en fond de toile.
C’est le genre de balade qui vous donne l’impression d’être le héros d’un film d’aventure — si ce film était accompagné du chant des oiseaux et de quelques lézards qui traversent le chemin comme pour dire “bonjour” avec nonchalance. Et la récompense ? Une plage secrète, invisible de la route, où les touristes se font rares et les selfies parfaits. Anse Major, c’est l’alliance divine entre effort mesuré et félicité balnéaire. Et entre nous, il n’est pas interdit d’y emporter un petit pique-nique. Un bon sandwich + une baignade dans une crique désertée = un argument définitif pour aimer la marche.
Copolia : le sommet où l’on devient poète
Ne sous-estimez jamais un petit sentier. Copolia ne fait qu’1,4 km, mais croyez-moi, il vous en fera baver des chlorophylles. Ce sentier commence sagement, avec une jolie canopée pour vous protéger du soleil, quelques racines traîtresses pour tester vos chevilles, et une végétation luxuriante qui sent la mousse et le citron vert mouillé. Mais plus vous grimpez, plus le souffle se raccourcit… et plus les vues se déchaînent. Au sommet ? Une dalle de granit comme une scène de théâtre, et face à vous, un panorama à 180° sur la capitale Victoria, ses îles satellites, le parc marin de Sainte-Anne et cette mer, d’un bleu qui ferait rougir la palette Pantone. C’est le genre d’endroit où, sans vous en rendre compte, vous murmurez un “wouah” d’animal émerveillé. Et pour les fans de plantes, la zone est un sanctuaire naturel où pousse le “pitcher plant”, cette petite merveille carnivore au design tout droit sorti d’un film de Tim Burton. Copolia, c’est donc une grimpette qui nourrit les jambes, les yeux… et l’Instagram.
Morne Blanc : quand la brume se prend pour un rideau de théâtre
Voilà une rando qui ne plaisante pas. Le Morne Blanc, c’est un peu le grand frère sérieux de Copolia : 1,8 km, 667 mètres d’altitude, et un dénivelé qui pique un peu les mollets. Mais vous êtes ici dans la partie la plus humide et mystérieuse de Mahé, une forêt de nuages où les arbres sont recouverts de mousses comme s’ils portaient des manteaux moelleux, et où chaque souffle de vent semble chuchoter un vieux secret créole. Le sentier, bien balisé, grimpe dans une ambiance brumeuse presque mystique. Vous êtes entouré de fougères arborescentes, de palmiers endémiques, et de racines à enjamber comme un jeu de société grandeur nature. Puis d’un coup, après l’effort, une plateforme d’observation.
Et là, BOOM. La côte ouest de Mahé se dévoile sous vos yeux, encadrée par les nuages comme un tableau vivant. Ce n’est pas juste beau. C’est spirituel. Vous aurez peut-être envie de rester là, en silence, à respirer à fond, comme pour vous souvenir que l’effort a du sens. Et que la vue après la suée… c’est la vraie victoire.
Seychelles Nature Trail 2025 : l’aventure commence au pas de course
Marre des trails dans les Alpes où l’on gèle les fesses à 2000 mètres ? Bienvenue au Seychelles Nature Trail, l’événement où l’on transpire avec grâce sous les tropiques. Cette année, rendez-vous le 23 août 2025 pour une édition encore plus sportive, plus verte, et plus “Wouah !”. Au programme : 22 kilomètres de pur bonheur végétal, entre racines traîtresses, chemins forestiers, montées rocheuses et descentes qui font bosser les genoux. Le tout sur l’île de Mahé, avec des points de vue à vous décrocher la mâchoire tous les deux kilomètres (et c’est une estimation basse). Mais ce trail n’est pas qu’une performance : c’est aussi une immersion totale dans la nature seychelloise. Vous y croiserez des palmiers endémiques, des oiseaux rares, peut-être même un caméléon timide venu vous encourager. Et à l’arrivée ? Des jambes fatiguées, un cœur grand ouvert… et la sensation d’avoir vécu quelque chose d’unique.
La Digue : le paradis des pieds et des pédales
La Digue, c’est l’île où les voitures ont été bannies, les bicyclettes sacrées, et où marcher est presque une religion. Ici, tout se fait à pied, et c’est une bénédiction. Les sentiers serpentent à travers des cocoteraies, des collines abruptes et des vallées cachées. Le must ? La montée au Nid d’Aigle, le point culminant de l’île. Une belle grimpette, parfois rude (oui, on transpire un peu), mais qui offre, en haut, une vue digne d’un drone céleste. On voit Praslin, Mahé, l’océan à l’infini, et les toits rouges de La Digue. En redescendant, un arrêt au restaurant Belle Vue s’impose : limonade maison, jus de tamarin glacé, et le sentiment d’avoir mérité chaque gorgée. Et ce n’est pas fini : une fois revenu à niveau de la mer, les petites plages secrètes se dévoilent au détour des sentiers — comme Anse Cocos ou Grand Anse, accessibles à la marche uniquement. Autant dire que sur La Digue, le bonheur ne se prend pas en voiture… il se gagne à la semelle.
Vallée de Mai : Jurassic Park, mais avec du bon karma
Bienvenue dans la Vallée de Mai, sur l’île de Praslin. Un lieu tellement préservé qu’on y entend encore les murmures de la terre. Ce site classé à l’UNESCO est un sanctuaire végétal, célèbre pour abriter l’iconique coco de mer, cette graine géante au look suggestif (si vous voyez ce que je veux dire). Mais ce n’est pas tout : le sentier balisé qui traverse la vallée vous transporte dans un monde préhistorique. Les palmiers s’élèvent comme des colonnes de cathédrale, les oiseaux chantent dans un silence feutré, et chaque pas semble suspendu dans le temps. Si vous êtes chanceux, vous croiserez le perroquet noir, espèce endémique et farouche, un peu snob, mais magnifique. Ce n’est pas une rando sportive, non. C’est une promenade sacrée. Un moment de grâce végétale. Et peut-être, qui sait, la meilleure façon de retomber amoureux de la planète.
Et si marcher était la meilleure façon d’aimer les Seychelles ?
On les imagine allongées, ces îles. Paresseuses. Glamour. Étalées au soleil comme des modèles de magazines. Mais en réalité, les Seychelles sont debout. Debout sur leurs montagnes, sur leurs sentiers, sur leurs racines. C’est en marchant qu’on comprend leur vraie beauté : celle d’une nature brute, exubérante, intacte. Alors si vous avez encore des doutes : rangez la crème solaire et les tongs. Prenez une gourde, une bonne paire de chaussures… et partez à la découverte. Vous verrez, la sueur salée des Seychelles vaut bien tous les bains de mer du monde.





